Association d’histoire du lycée de Savenay
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Le café du Tillon

Par Rémy Gautron normalien à Savenay (promo 1966-1971)

mercredi 1er février 2012

A la lecture du journal intime de Maxime Luzet, mon beau-père, normalien de 1923 à 1926, je m’interrogeais à propos de l’origine du mot « tillon », appartenant au vocabulaire normalien, et qui désignait une punition au sens large et se soldait par une retenue en études, un jour de sortie, le jeudi ou le dimanche. Extrait « dimanche 5 juillet 1925 : j’ai un tillon, je verrai la fête des fleurs depuis…le salle d’études ».

Il s’agissait à l’origine pour les punis, les « tillonnés » d’une promenade, en groupe, jusqu’au village du Tillon, lieu-dit situé sur la route Nantes-Vannes au carrefour de la route Campbon- La Chapelle Launay.

Il n’est pas question dans les mémoires de Maxime Luzet de cette promenade punitive. Était-elle déjà tombée en désuétude ? Pourtant il en est encore question dans le témoignage de Laplacette (fin des années 20).

Habitant moi-même Campbon, je connais bien le carrefour du Tillon que j’empruntais régulièrement pour me rendre à l’EN de Savenay, comme normalien de 1966 à 1971. A ce carrefour on trouvait encore à l’époque un café typique de nos campagnes.

Lors de nos années de formation professionnelle (dès que les normaliens eurent des voitures), un petit groupe dont j’étais avait pris l’habitude d’aller travailler un devoir, en dehors des salles d’études trop agitées, dans des cafés. J’avais signalé le café du Tillon à mes collègues de promo pour sa tranquillité : pas de juke-box, ni billard électrique, ni baby-foot bruyants.

Nous nous réunissions autour d’une table, au fond de la salle, commandions un carafon de Santa Laura et étalions nos documents.

En entendant parler de Freinet et de Piaget « deux gars sûrement pas du coin ! », les habitués du café, accoudés au bar, se retournaient vers nous, surpris par notre présence et leurs fronts hâlés se barraient de plis horizontaux et interrogateurs. Ils soulevaient alors, de leur index, le bord luisant de leur béret ou de leur casquette, découvrant une peau rose et dégarnie….et après un hochement de tête, retournaient à leurs verres de rouge en pensant « drôles de clients ! ».
- « Dame ! c’est les normaliens de Savenay ! répondait la patronne ».

Je ne me doutais pas à l’époque que ce carrefour avait donné son nom à une punition normalienne, entrant de ce fait dans l’histoire locale.

1 Message

  • Le café du Tillon 27 décembre 2012 22:59

    Je suis la fille de Evelyne et la petite fille de mr boulais sylvie j’ai passé mes vacances etant petite a l’EN peut etre avez vous connu mon grand père et ma maman ? J’ai gardé des souvenirs inoubliables amicalement

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