Association d’histoire du lycée de Savenay

Dans la tourmente (1944-1945)

Dans la Poche de Saint-Nazaire

extrait du fascicule n°2, JY Martin, 1985

mercredi 9 février 2011, par Ronan Pérennès


Avec la formation et la fermeture de la Poche de Saint-Nazaire, la ville de Savenay se trouve condamnée à un prolongement et une aggravation de l’occupation allemande. Cependant, le débarquement allié en Normandie, puis la réorganisation du dispositif des troupes allemandes dans la poche en vue d’assurer la meilleure défense possible de la Forteresse sous-marine de Saint-Nazaire, provoquent à plusieurs reprises, dans l’été 1944, des départs et changements de troupes allemandes dans les cantonnements de Savenay, une première fois à la mi-juillet et une seconde fois fin septembre. Ainsi, à chaque fois, pendant plusieurs jours, les locaux de ces cantonnements sont-ils laissés sans garde et livrés au pillage.

Le 28 septembre, le Président de la Délégation Spéciale, Maître FONTENY, notaire –qui a remplacé le Maire, M.C. GUELLEC, destitué par le pouvoir de Vichy, depuis le 6 juin – s’en inquiète auprès du Sous-préfet de Saint-Nazaire, replié à Pontchâteau : « La plupart des troupes allemandes, qui y étaient cantonnées, ont quitté Savenay hier et avant-hier. Différents locaux, dont l’Ecole Normale et l’Ecole Primaire Supérieure, étaient occupés par les officiers ou la troupe. Au départ de ces troupes, les cantonnements ont été vidés de leur contenu (batterie de cuisine – vaisselle – literie – draps – couvertures – linge) et, en conséquences, emportés »… Et il s’interroge, en conclusion de sa lettre : « Que trouveront les nouvelles troupes qui arriveront ? Ce sera la réquisition à domicile avec tous les dangers d’incidents qu’elle comporte ».(1)

Ces mouvements des troupes allemandes – et également ces pillages – provoquent de nouveaux dégâts dans les bâtiments de l’Ecole Primaire Supérieure, qu’il faudra réparer après guerre, lorsque le Collège Moderne réintégrera enfin ses locaux. Mais, pour l’instant, il lui faut encore s’adapter aux difficiles conditions d’existence qui règnent à l’intérieur de la Poche. Elles touchent, en particulier, les conditions de la vie scolaire.

Après que l’ouverture des écoles ait été officiellement autorisée pour le 8 janvier 1945 dans les communes autres que celles trop limitrophes de la Poche, où les risques de canonnades sont trop grands, le Délégué Spécial de Savenay précise ainsi au Sous-préfet, les problèmes qui restent posés : « Dans une réunion tenue à la Mairie, des directeurs et des directrices d’écoles de Savenay, il a été décidé de continuer à suivre les directives données en juillet dernier, c’est-à-dire, de faire la classe par petits groupes, l’un venant le matin de 9h. à 12h., l’autre de 1h. à 4h. La situation de Savenay, depuis juillet dernier, loin de s’améliorer s’est considérablement aggravée. Tout le côté Est de la commune est soumis aux bombardements et les obus tombent à 1500 mètres de l’Ecole Primaire Supérieure. Nous avons perdu, voici un mois, un meunier et une écolière de 12 ans, tués à leur domicile. Par ailleurs, cette façon de faire permettra aux écoliers, du moins ceux de la campagne, de prendre leur repas de midi à leur domicile ».(2)

Au cours de cette réunion, d’autres problèmes que ceux de la seule sécurité des écoles ont fait l’objet des préoccupations des enseignants : « Les directeurs et directrices d’écoles m’ont également prié de vous demander si les examens du Baccalauréat, Brevet, Certificat d’Etudes, D.E.P.P. étaient prévus dans notre Poche et, dans l’affirmative, à quelles dates et dans quels endroits ? C’est le grand désir des familles et des professeurs de voir passer ces examens ».(3) Les épreuves ne pouvaient, en effet, se dérouler tout à fait normalement, ne serait-ce que parce qu’il eut été absolument impossible de se rendre à Nantes où se déroulaient habituellement ces examens.

P.-S.

(1) Archives municipales de Savenay (2) Idem (3) Idem

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