Association d’histoire du lycée de Savenay
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Témoignage de Christian Pigeard

1er 2008

Christian Pigeard est élève au Lycée de 1960 à 1965 puis il entre à l’école normale en 1965. Il fait partie de la promotion 65/69 mais il devra faire une 2e année de formation d’élève maître et ne sort qu’en 1970 (Mai 68 est passé aussi par l’EN).

- Au lycée.

De ces années de lycée Christian Pigeard se souvient de peu de choses.

Il se rappelle la remise des prix en fin d’année devant un parterre de parents et de professeurs. Une cérémonie au caractère très solennel.

La préparation au concours d’entrée à l’EN est un autre souvenir de son passage au lycée. Les élèves qui souhaitaient préparer ce concours avaient deux ou trois heures supplémentaires de cours par semaine (elles se déroulaient le matin avant le début de la journée de classe). M Verrières prof d’Anglais au lycée et à l’EN et M Fleury prof de Français à l’EN étaient les deux enseignants qui assuraient cette préparation.

- A l’EN

C’est à cette époque que plusieurs jeunes venus de Lavelanet intègrent l’école normale. Cela durera des années.. Il va sans dire que ces internes venus de si loin ne rentraient chez eux qu’une fois par trimestre. Certains avaient pour nom Simon, Tomasini, Vilanou, les frères Canal qui étaient jumeaux et que l’on surnommait les Canaux.

Tous les normaliens étaient internes même ceux qui étaient issus de Savenay où des proches environs.

Certains avaient parfois des accès de paresse et tous les moyens étaient bons pour échapper à certains cours. Le gros pansement que l’on se faisait à la main pour escamoter le cours de dessin. Le thermomètre que l’on frottait énergiquement afin qu’il indique une température adéquate pour garder la chambre.

M Corbeil, le directeur de cette époque, s’était fait séquestré dans son bureau au cours des évènements de mai 68. Il était toujours coiffé d’un chapeau style tyrolien orné d’une plume. Christian Pigeard se souvient de ce jour où de service de nettoyage du dortoir au second étage il avait comme à l’accoutumée envoyé l’ensemble des détritus qu’il avait balayé au premier sans s’apercevoir que, M Corbeil montait dans l’escalier. Les moutons de poussière ayant mis à mal la plume de son couvre chef il consigna l’infortuné élève tout un week-end qui fut aussi obligé, suprême punition au regard de leur état, de déboucher et de nettoyer les toilettes.

Chaque directeur de l’EN avait ses petites habitudes. M Corbeil , régulièrement le jeudi, après le sport et les sorties libres, faisait mettre les élèves en rang à la queue leu leu entre les tables dans la salle d’étude et malheur à la tête qui dépassait preuve, pour lui, que l’élève à laquelle elle appartenait n’était pas dans son état normal et avait abusé de boissons alcoolisées.

M Tronel, directeur avant M Corbeil, faisait ce qu’on pourrait nommer du « ramassage scolaire ». De temps en temps, lors des départs en week-end, il lui arrivait de prendre sa 404 et de remonter vers l’EN à partir de la Sablière. Il n’était pas rare de le voir revenir la voiture chargée de normaliens qui avaient du écourter prématurément leur sortie de week-end car pris en flagrant délit à faire de l’auto stop alors que cette pratique était prohibée.

Christian Pigeard se souvient aussi du « père Bouley » et de M Macé l’économe. Le premier était agent d’entretien affecté à la cuisine . Il habitait sur place et élevait des lapins qui servaient de tondeuse à gazon

M Bouley avait fabriqué une cage pour contenir trois ou quatre lapins qu’il plaçait et déplaçait sur le terrain de foot. Lors des parties de ballons sur ce terrain il fallait que quelques bonnes volontés se charge de déplacer cage et lapins.

Le second M Maçé l’économe était surnommé « le bouffe » mais aussi « le mégot et son bouffe ». Il avait toujours un mégot aux lèvres et jamais personne ne l’a vu avec une cigarette entière.

Le bizutage était aussi la règle mais il semble qu’après mai 68 il soit tombé en désuétude.

Les sportifs et les musiciens échappaient la plupart du temps à ces séances parfois redoutées.

Il est arrivé aussi qu’un « Pic » soit pris particulièrement à partie. Ce fut le cas au cours du milieu de ces années 60 d’un première année (dont on taira le nom) un peu obèse qui, pour échapper aux quolibets et aux nombreuses brimades dont il était l’objet, s’en allait dormir dans les tentes d’exposition « la Prairie » de M Pétraud (au Cheval Blanc) et ce, avec parfois, la complicité d’un surveillant.

Mais chaque médaille à son revers et il arrivait aussi qu’un Pic en fasse voir de toutes les couleurs aux anciens. C’est ainsi que l’un d’eux (là aussi on taira son nom) très porté sur les expériences de chimie. Il fabriquait des fusées qu’il faisait partir vers le ciel à partir du talus près du terrain de sport.

Un jour, il mis du chlorate de soude avec un peu de sucre dans les cendriers provoquant quelques petits feux d’artifice pas du tout du goût des vétérans qui en faisaient les frais. Le même individu se permettant un jour de départ en vacances de mettre un laxatif dans les pots de lait, de chocolat et de café des anciens au petit déjeuner. Inutile de dire que la rentrée suivante on évoquait les troubles intestinaux de chacun.

- Les 1e année étaient les bizuts appelés « Pics » à l’EN.

- Les 2e année se nommaient les « Blancs Becs »

- Les 3e année étaient les « Ex »

- Les 4e année les « Anciens ».

Traditionnellement les 4e années organisaient un voyage à la fin de leur scolarité. Des voyages qui en ont emmenés certains en Union Soviétique, d’autres dans les pays nordiques…Là encore les évènements de 68 mis un terme à ces pratiques et le dernier voyage eut lieu en 1969. Hormis les subventions, pour financer ces escapades lointaines les anciens avaient recours à la vente de friandises à la récréation. Parmi ces friandises on peut sans exagération évoquer le « gros rocher » qui avait les faveurs de beaucoup.

Que dire des bals de l’EN considérés par beaucoup comme des bals VIP. Serge Vilanou, un lavelanétien trompettiste, en fut un membre très actif. Des soirées dansantes où toute velléité d’agressivité était très vite réprimée car avec plus d’une centaine de normaliens dans la salle le service d’ordre était des plus efficaces.

2 Messages de forum

  • Témoignage de Christian Pigeard 8 février 2010 11:28

    Bonjour mr pigeard,

    je suis la petite fille de mr boulais. Je m’appelle sylvie et j’ai vu votre témoignage c’est vrai que mon papi élevait des lapins et avait un jardin à l’ EN ou j’ai passé des vacances inoubliables de 1968 à 1980 (date de sa retraite) je suis la fille de Evelyne que vous avez peut etre connu peut être avez vous des photos avec mon papi cordialement, Sylvie

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  • Témoignage de Christian Pigeard 2 août 2012 09:46

    Bonjour

    En complément de ton article, je me permets une petite précision à propos des dénominations des promos à l’EN :

    - 1ère année : les Pics

    - 2ème année : les Blancs becs

    - 3ème année : les Vétés (vétéran)

    - 4ème année : les EX 1, éventuellement EX 2 (rarement car le redoublement, cause de renvoi, était exceptionnel).

    Ajoutons que le rang d’entrée au concours déterminait une relation entre les membres des promos. Chaque Pic avait ainsi son père chez les Blancs becs, son grand-père chez les Vétés, son arrière grand-père chez les EX1. De même, chaque EX1 avait son fils chez le Vétés, son petit-fils chez les Blancs becs, son arrière petit-fils chez les Pics ... etc ...

    Michel GUIHARD - Promo 63/67

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